Archive for the ‘ishrâqi’ Category

Dans la coulée d’une phrase

Mardi, octobre 21st, 2008

Orient, Orient vainqueur, toi qui n’as qu’une valeur de symbole, dispose de moi, Orient de colère et de perles! Aussi bien que dans la coulée d’une phrase, que dans le vent mystérieux d’un jazz, accorde-moi de reconnaître tes moyens dans les prochaines Révolutions. Toi qui es l’image rayonnante de ma dépossession, Orient, bel oiseau de proie et d’innocence, je t’implore du fond du royaume des ombres! Inspire-moi, que je suis celui qui n’a plus d’ombre.

André Breton, Introduction au discours sur le peu de réalité

Tahqîq

Vendredi, octobre 5th, 2007

La philosophie a, certes, connu en Islam plus d’une situation difficile; les difficultés n’étaient pas les mêmes qu’en chrétienté. Là où la recherche philosophique [tahqîq] fut ‘chez elle’ en Islam, ce fut là où l’on réfléchit sur le fait fondamental de la prophéthie et de la Révélation prophétique, avec les problèmes et la situation herméneutiques que ce fait fondamental implique.

Henry Corbin, Avant-propos, Histoire de la philosophie islamique

Mawlana

Dimanche, septembre 30th, 2007

Mawlana

Jalal Al-Dîn Mouhammad Rumi.

Ouverture

Jeudi, mars 8th, 2007

[...] La clef n’ouvre pas la porte à elle seule. Il est nécessaire qu’il y ait quelqu’un qui accomplisse l’acte d’ouvrir la porte.

Abu Ya’qûb Sejestanî, Kitâb al-Yanâbi’, tr. H. Corbin

Hommes de l’invisible

Vendredi, décembre 2nd, 2005

… Ce sont des hommes ['des hommes de l'invisible', rijâl al ghayb] des landes sauvages; ce sont les privilégiés dans le monde. Ils sont une race des Adamites, ils peuvent se rendre visibles aux humains, puis ils s’occultent. On s’adresse à eux, ils répondent. Le plus souvent, leurs demeures sont dant les montagnes et dans les déserts, dans les lits des torrents ou sur les berges des fleuves. Toutefois il en est parmi eux qui sont des sédentaires; ils choisissent alors parmi les cités quelque demeure dont ils font leur résidence d’élection; mais parce qu’elle ne répond pour eux à l’ambition d’un désir, elle n’est un lieu où ils mettraient leur confiance.

‘Abdol-Karîm Gîlî, Kitâb al-Insân al-kâmil, traduction H. Corbin

Lettres

Vendredi, septembre 9th, 2005

Ces indications sommaires nous permettent d’entrevoir quelque peu ici l’intention de nos Ta’wilât:’C'est par le Soleil qu’il y a la forme visible de l’existence de la Lune. Le sens vrai qu’il faut comprendre dans les formes des sentences divines, est inscrit dans la Lune, parce que la Lune est un écrit chiffré, et que la totalité des sens cachés est à apprendre dans cet écrit chiffré. Comme l’Imâm l’a dit: Ce monde a été manifesté à l’aide de vingt-huit lettres, et il a été constitué comme un livre. A chaque page il y a vingt-huit lignes, de même que de la lettre alif à la lettre se suivent vingt-huit lettres. C’est par cette forme que l’on atteint à la connaissance du Qorân. Pour deux lettres il y a composition: pour deux autres il y a état simple’.

Mahmûd Shabestarî, Ba’zî az ta’wîlât-e Golshan-e Râz [Symboles choisis de la Roseraie du Mystère], in Henry Corbin, Trilogie Ismalienne

Océan

Samedi, septembre 3rd, 2005

Quel est cet océan dont la gnose est le rivage?… L’être est un océan, le langage intelligible est le rivage. La coquille, c’est le mot proféré; la perle, c’est la science du cœur.’
En premier lieu, cet océan dont la connaissance (la gnose) est le rivage, quel est-il? En second lieu, cette profondeur où l’on va quérir la perle, quelle est-elle? Donne ces réponses: en premier lieu, c’est le cœur qui est l’océan, (par) lequel existe le langage intelligible. La coquille, c’est le mot proféré; la perle, c’est la science du cœur (c’est-à-dire la connaissance du sens caché dans la sonorité verbale); le rivage qui l’accueile, c’est un certain homme (c’est-à-dire l’Imâm), ainsi qu’il est dit: un océan dont la gnose est le rivage; rivage a en effet le sens de protection sûre et de limite finale à atteindre. (En second lieu, la profondeur de) cet océan, c’est son être, l’être qui est actualisé pour chacun (chaque cœur-conscience), et la perle c’est la gnose divine.’

Mahmud Shabestari, Ba’zi az ta’wilât-e Golshan-e Râz

‘Ishq

Jeudi, juillet 28th, 2005

Quand je lui eus donné ces preuves, elle me dit: ‘Certes, tu es un éminent expert en cette science. Mais dis-moi: est-il licite d’employer le mot amour (‘ishq) à l’égard de Dieu? Est-il licite à quelqu’un de prétendre l’aimer d’amour? Le mot ‘amour’ n’est-il pas, dans l’usage qu’en font les msytiques, un terme à ranger dans la catégorie des simples homonymes? Est-il licite d’employer des expressions comme amour envers Dieu, amour venant de Dieu, amour en Dieu, amour par Dieu?’
Nos shaykhs, lui dis-je, ont différé d’avis à ce sujet. Il y en a qui récusent cet usage; il y en a qui l’approuvent. Mais celui qui le nie, veut en faire dérober ce secret aux gens de ce monde par jalousie à l’égard des créatures. Quant à celui qui l’approuve, il faut y voir son audace dans l’amour et dans l’exultation. Les amants et les êtres aimés ‘ne craignent pas en Dieu de blâme qui les censure; c’est cela la précellence de Dieu; il en fait don à qui il veut, car il contient tout et il est omniscient’ (5:59).

Rûzbehân, Le Jasmin des Fidèles d’amour

Songe

Mardi, avril 12th, 2005

rabb En pensant à Zénon qui va se plonger dans l’océan sohravardien… : « C’est de moi qu’il s’agit dans ce Récit (Qissat al-ghorbat al-gharbîya), car je suis passé par la catastrophe. De l’espace supérieur je suis tombé dans l’abîme de l’Enfer, parmi des gens qui ne sont pas des croyants; je suis retenu prisonnier dans le pays d’Occident. Pourtant je continue d’éprouver certaine douceur que je suis incapable de décrire. J’ai sangloté, j’ai imploré, j’ai soupiré de regret sur cette séparation. Cette détente passagère fut un de ces songes qui rapidement s’effacent. »

Sohravardi, Le récit de l’exil occidental, traduction. H. Corbin

Ombre

Samedi, mars 26th, 2005

Les 28 lettres arabes, issues de la chute du Nom suprême de Dieu, lors de la Création, devinrent les Membres humains de l’Ombre corporelle de Dieu.

Moghira (ob. 737), cité dans L. Massignon, La Philosophie orientale d’Ibn Sînâ et son alphabet philosophique

Paradoxe

Vendredi, mars 25th, 2005

… Voici l’écrasant paradoxe de nos jours: sous le poids de l’impact occidental, voici qu’en partie et sous certains aspects on peut se demander si le monde islamqiue n’est pas en voie de recevoir sous forme laïcisée d’idéologies post-chrétiennes ce qu’il n’avait pu que refuser sous sa forme théologique.

Henry Corbin, La Prophétologie ismaélienne, janvier 1975

Soyez Toujours en Vol

Samedi, mars 19th, 2005

Frères de la Vérité! Dépouillez-vous de votre peau comme se désquame le serpent. Cheminez comme chemine la fourmi, sans que personne n’entende le bruit de ses pas. Soyez comme le scorpion qui porte toujours son arme au bout de la queue, car c’est par derrière que le démon cherche à surprendre l’homme. Absorbez du poison, afin de vous maintenir en vie. Aimez la mort, afin de rester des vivants. Soyez toujours en vol; ne vous choisissez pas de nid déterminé, car c’est au nid que l’on capture tous les oiseaux.

Avicenne, Risâlat al-Tayr [Récit de l'Oiseau], tr. H. Corbin

Le Ciel dans un Tapis

Mardi, mars 15th, 2005

Le Ciel dans un Tapis.

Manger, Boire

Mardi, mars 1st, 2005

Moïse me donna la Torah à manger, Jésus me fit manger l’Évangile, David me fit manger les Psaumes, et Muhammad me fit manger le Coran. Quant à Adam, il me fit boire les plus beaux noms ainsi que le nom suprême.

Rûzbehan, Le dévoilement des secrets, traduction P. Ballanfat